“Un sujet particulièrement sensible” : les chantiers de la ligne Lyon-Turin se préparent en Nord-Isère, habitants et élus inquiets

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Les chantiers de la section française du Lyon-Turin se préparent dans plusieurs communes du Nord-Isère. Des forages et des études ont notamment commencé en septembre. Des riverains et des élus s’inquiètent de potentielles nuisances.

Déjà lancé dans la vallée de la Maurienne, en Savoie, le chantier de la ligne ferroviaire Lyon-Turin a franchi une nouvelle étape, cette fois-ci dans le Nord-Isère. Des études ont débuté depuis le mois de septembre sur plusieurs communes iséroises, dont L’Isle-d’Abeau, Frontonas, Vaulx-Milieu ou encore Saint-Marcel-Bel-Accueil.

SNCF Réseau, maître d’ouvrage pour la section française de cette ligne transfrontalière, a commencé à réaliser des forages d’exploration et a mené une étude acoustique sur les niveaux sonores avant travaux. Mais alors que le projet semblait jusqu’à présent impalpable dans le Nord-Isère, toutes ces démarches réveillent les craintes de nuisances.

Les forages ont débuté sur plusieurs plaines agricoles. La plupart des agriculteurs ont accepté cette intervention sur leurs terres, moyennant un dédommagement. Mais ce n’est pas le cas de Sébastien Jas, farouchement opposé au projet : “On nous a proposé 1 200 euros pour poser une machine et faire un forage. Je trouve que c’est en inadéquation avec le monde agricole, le monde nourricier. Nous ne sommes pas là pour que ce type de projet se réalise. Et encore moins en agitant des carottes devant nous en nous proposant de l’argent pour acheter notre silence.”

Inquiétudes sur les nuisances

Sébastien Jas n’est pas le seul à être opposé au chantier du Lyon-Turin dans le Nord-Isère. Ces prémices de travaux ont fait ressurgir de vieilles oppositions et des craintes, notamment de la part d’élus. Le maire de L’Isle-d’Abeau, Cyril Marion, avait adressé un courrier, début octobre, au préfet de région et au directeur de projet SNCF Réseau. L’objet de ses inquiétudes : les nuisances sonores que pourrait générer le chantier.

“La question du bruit constitue en effet un sujet ancien et particulièrement sensible pour les habitants et les associations locales. (…) La commune souhaite donc qu’un renforcement des relevés acoustiques puisse être étudié sur son territoire avec des points complémentaires permettant de mieux couvrir les secteurs susceptibles d’être exposés”, demande-t-il dans ce courrier.

Anna Realpe-Hoffsess (divers), conseillère municipale de L’Isle-d’Abeau, habite dans l’une de ces zones concernées. Elle s’inquiète du manque de concertation entre la municipalité et le maître d’ouvrage : “Les sociétés n’ont pas contacté la commune, alors que la commune et ses habitants sont les mieux placés pour savoir où il y aura le moins d’impact visuel et sonore. J’espère qu’elles vont se réveiller et travailler étroitement avec nous pour réaliser toutes les mesures nécessaires et faire un vrai état des lieux.”

De son côté, SNCF Réseau assure communiquer régulièrement avec tous les acteurs du territoire. Un point d’étape serait notamment prévu en fin d’année. “À L’Isle-d’Abeau, à la suite d’interrogations reçues sur la localisation de certaines mesures, des réponses ont été apportées sur les points retenus et la méthode utilisée. L’actualisation des études acoustiques doit permettre de confirmer ou d’adapter le dimensionnement des protections acoustiques afin de respecter les exigences réglementaires”, indique la direction Auvergne-Rhône-Alpes de SNCF Réseau dans un communiqué, ce mardi 3 novembre.

Ces différentes études et ces forages devraient se poursuivre dans le Nord-Isère jusqu’en 2028. La date de la mise en service des tunnels d’accès à la section transfrontalière est encore très incertaine, mais pourrait avoir lieu entre 2038 et 2043.

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