Test Grève à la SNCF mercredi 10 juin : Jean Castex face à son premier bras de fer social

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Les organisations syndicales réclament de nouvelles hausses de salaires ainsi qu’un moratoire sur les réorganisations en cours au sein du groupe. Les prévisions de trafic seront publiées ce lundi en fin de journée.

Publié lundi 8 juin 2026 à 12h11

Aucune grève unitaire à la SNCF n’a eu lieu depuis fin 2024. Mercredi 10 juin, le trafic ferroviaire devrait être ralenti dans tout le pays à l’appel des quatre syndicats représentatifs de l’entreprise publique, annonçant un premier bras de fer social de l’ère Jean Castex. Les prévisions de trafic seront publiées d’ici mercredi par SNCF Voyageurs.

La mise en œuvre de la concurrence sur les rails français «dysfonctionne», dénoncent la CGT cheminots, Unsa ferroviaire, SUD rail et CFDT cheminots, dans leur appel commun à une grève de 24 heures (non-renouvelables). Outre un moratoire sur les réorganisations et filialisations en cours au sein du groupe, génératrices «d’urgences sanitaires et sociales» chez les cheminots, les syndicats demandent de nouvelles hausses de salaires, estimant que celles obtenues pour 2026 sont loin de compenser l’inflation en cours depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient fin février.

«Chiche»

Si les syndicats ne font pas de prévisions sur l’ampleur de la mobilisation des cheminots, échaudés par l’échec relatif de précédentes initiatives, ils semblent relativement confiants, du fait notamment que le mouvement est unitaire et «carré». «D’abord, nous demandons que les cheminots du groupe public unifié et ceux qui sont affectés dans les filiales nouvellement créées aient les mêmes droits» a déclaré le secrétaire général de la CGT Cheminots Thierry Nier, premier syndicat de la SNCF, auprès de l’AFP. «A son arrivée en novembre 2025, Jean Castex a dit devant l’Assemblée et devant le Sénat qu’il serait le président d’un groupe unifié, du coup nous lui disons chiche», a-t-il ajouté.

Alors que l’ancien PDG Jean-Pierre Farandou, devenu depuis ministre du Travail, avait quitté l’entreprise fin 2025 dans un climat social relativement apaisé, les syndicats font valoir que le début 2026 a été marqué par treize suicides de salariés, du jamais vu de mémoire de cheminots. «Nous savons que ces actes ne sont bien sûr pas dus à une seule et unique cause, et nous n’avons pas vocation à utiliser la détresse de nos collègues et de leur famille pour porter nos revendications», a commenté Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire. «Mais on constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues».

Afin de s’adapter aux appels d’offres lancés par les régions pour trouver de nouveaux exploitants sur leurs réseaux de trains régionaux, la SNCF a créé une myriade de sociétés locales. Une partie des agents y sont transférés avec la promesse de conserver leurs avantages sociaux pendant 15 mois, un «sac à dos social» négocié pour l’ensemble de la branche ferroviaire.

Prime de 1 450 euros

Les filiales «sont mises en œuvre pour comprimer les coûts et donc remporter les appels d’offres», estime Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud Rail. «Les cheminots sont pressés comme des citrons», souffle-t-il, en soulignant que les accidents du travail ont augmenté de 20 % l’an passé. Côté direction, la SNCF a fait valoir qu’elle menait un «dialogue social constructif et très nourri depuis plusieurs mois» et qu’elle n’avait «jamais signé autant d’accords avec les syndicats».

La SNCF a enregistré un bénéfice net de 1,8 milliard d’euros en 2025, alors que la Deutsche Bahn (compagnie ferroviaire allemande) a enregistré des pertes de plus de 2 milliards l’an passé, et que Trenitalia (Italie) et Renfe (Espagne) engrangeaient de petits bénéfices. Face aux revendications de partage de la valeur, la SNCF fait valoir qu’elle avait déjà garanti une prime de 1 450 euros pour tous les cheminots de l’entreprise, et qu’aucun des 150 000 salariés du groupe n’était embauché ou payé en dessous du Smic augmenté de 10 %.

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