Le décès du conducteur d’un train dans le Pas-de-Calais, ce mardi 7 avril, vient remettre en lumière la dangerosité des passages à niveau. Le « programme de sécurisation national » recense quelque 146 de ces aménagements à risque, dont 17 dans nos départements.
Une collision entre un poids lourd et un TGV a causé la mort du conducteur du train, ce mardi 7 avril à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais). Le passage à niveau était « en état de fonctionnement normal », selon Jean Castex, le PDG de la SNCF. Mais ce drame rappelle que ces zones restent à hauts risques, malgré les dispositifs de sécurité mis en place.
En décembre 2024, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires a listé 146 passages à niveau jugés à risque, dans le cadre du programme de sécurisation nationale.
Six passages dangereux en Savoie
Dix-sept passages à niveau de nos départements sont concernés. On en retrouve 6 en Savoie (4 sur la ligne Saint-André-le-Gaz-Chambéry et 2 à Aix-les-Bains), 1 en Haute-Savoie, 4 dans l’Ain, 1 en Ardèche, 3 en Isère, et 2 dans le Vaucluse.
Quelques aménagements dangereux ont été supprimés dans notre région ces dernières années. Trois passages à niveau problématiques ont été supprimés près d’Annemasse (Haute-Savoie) en 2019, après deux ans et 36 millions d’euros de travaux. En Savoie, celui de Viviers-du-Lac a définitivement disparu en 2023 après de longs travaux d’aménagement. Enfin, le passage à niveau de Petit Palais, à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), était réputé dangereux. Il a été supprimé en 2024 : la route s’effectue désormais par un pont à quelques dizaines de mètres.
Deux passages à niveau sont toujours en place, mais ne font plus partie de la liste du ministère : celui de Tossiat (Ain) sur la ligne Mâcon – Ambérieu, et celui de Limony (Ardèche) sur la ligne Givors – Grézan.
À l’inverse, deux autres passages ont fait leur entrée dans ce programme de sécurisation : l’un à La Verpillière (Isère), sur la ligne Lyon-Marseille par Grenoble, et l’autre à Ville-la-Grand (Haute-Savoie), où une passerelle piétonne avait été inaugurée sans totalement convaincre en 2023.
Les 17 passages à niveau à risque dans nos départements
- Le passage à niveau n°37 de la ligne Mâcon – Ambérieu à Saint-Martin-du-Mont.
- Le passage à niveau n°19 de la ligne Lyon – Genève à Balan.
- Le passage à niveau n°34 de la ligne Lyon – Genève à Saint-Denis-en-Bugey.
- Le passage à niveau n°7 de la ligne Bourg-en-Bresse – Bellegarde à Bourg-en-Bresse.
- Le passage à niveau n°8 de la ligne Givors – Grézan à Meysse.
- Le passage à niveau n°18 de la ligne Lyon – Marseille par Grenoble à La Verpillière.
- Le passage à niveau n°81 de la ligne Lyon – Marseille par Grenoble au Fontanil-Cornillon.
- Le passage à niveau n°27 de la ligne Grenoble – Montmélian à Villard-Bonnot.
- Le passage à niveau n°15 de la ligne Saint-André-le-Gaz – Chambéry à Domessin.
- Le passage à niveau n°34 de la ligne Saint-André-le-Gaz – Chambéry à Saint-Cassin.
- Le passage à niveau n°39 de la ligne Saint-André-le-Gaz – Chambéry à Cognin.
- Le passage à niveau n°45 de la ligne Saint-André-le-Gaz – Chambéry à Chambéry.
- Le passage à niveau n°15 de la ligne Culoz – Modane à Aix-les-Bains.
- Le passage à niveau n°2 de la ligne Aix-les-Bains – Annemasse à Aix-les-Bains.
- Le passage à niveau n°49 de la ligne de Longeray-Léaz – Le Bouveret à Ville-la-Grand.
- Le passage à niveau n°6 de la ligne Avignon – Miramas à Châteauneuf-de-Gadagne.
- Le passage à niveau n°8 de la ligne Avignon – Miramas au Thor.
Comment les passages à niveau sont-ils jugés dangereux ?
C’est en 1997 qu’un « programme de sécurisation national » recense ceux qui sont prioritaires, après un tragique accident avec un camion-citerne ayant fait 13 morts et 43 blessés à Port-Sainte-Foy (Dordogne).
« Les passages à niveau de la liste sont des points de croisement ayant connu plusieurs accidents sur une période de 10 ans ou ayant des trafics routiers et ferroviaires élevés (15 % des accidents graves sont concentrés sur 1% des passages à niveau) », explique le ministère des Transports. En 1997, il y en avait 437 dans tout l’Hexagone, contre 146 aujourd’hui.
Un chiffre très relatif par rapport aux 15 000 passages à niveau comptabilisés en France. Car si ces lieux peuvent être dangereux (89 accidents dont 20 mortels en 2024, d’après SNCF Réseau), le ministère des Transports pointait en 2019 que « 98% des accidents aux passages à niveau sont dus à un non-respect du code de la route ».
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