Jean Castex, PDG de la SNCF, était à Grenoble, mercredi 14 octobre 2026, afin d’annoncer un plan d’investissement pour “régénérer” la ligne Grenoble-Lyon qui figure dans le Top 10 national des lignes TER les plus fréquentées.
Thomas RICHARDSON , le
Considérée comme malade depuis au moins une quinzaine d’années, la ligne Grenoble-Lyon est la 9e ligne TER la plus fréquentée de France en 2026.
Ancien Premier ministre, devenu PDG de la SNCF en octobre 2025, Jean Castex était en déplacement à Grenoble mercredi 14 octobre 2026. A cette occasion, aux côtés de la vice-présidente de Région, Sandrine Chaix, il a rencontré des élus locaux et des représentants d’associations d’usagers du train, auxquels il a annoncé la mise en œuvre d’un plan d’investissement visant à “régénérer” la ligne SNCF Grenoble-Lyon.
“Ce n’est pas n’importe quelle ligne puisque c’est la neuvième ligne TER de France en termes de fréquentation avec 15 000 passagers par jour, en forte croissance avec près d’un quart de passagers en plus entre 2019 et 2026, a-t-il déclaré. Mais, deuxième caractéristique de cette ligne : des résultats qui ne sont pas bons. Je l’assume.”
Jean Castex à Grenoble : “Nous avons eu 50 décennies de sous-investissement dans le ferroviaire”
Le 14 octobre 2026, Jean Castex, PDG de la SNCF, a annoncé un plan de travaux de 110 millions d’euros sur la période 2026-2031 concernant la rénovation des infrastructures de la ligne Grenoble-Lyon.
En 2011, un de ses prédécesseurs, Guillaume Pépy, avait déjà qualifié la ligne Grenoble-Lyon de “malade”. Jean Castex, accompagné de Béatrice Leloup, directrice de SNCF Réseau Auvergne-Rhône-Alpes, et d’Olivier Devaux, directeur TER SNCF Voyageurs Auvergne-Rhône-Alpes, a livré quelques chiffres, notamment 83,3 % qui est le taux régularité de la ligne en 2025.
“Ce n’est pas top du tout, confie Jean Castex. Il y a trop d’annulations de trains, des compositions qui ne vont pas, etc. On a expliqué d’où tout cela venait et rappelé que sur cette ligne, comme partout en France, nous avons eu 50 décennies de sous-investissement dans le ferroviaire et qu’on est en train de commencer à rattraper tout ça.” Selon le PDG, la SNCF prévoit un budget de 4,5 milliards d’euros en 2028 pour rénover le réseau au niveau national, contre trois milliards actuellement et un milliard il y a 15 ans.
Son plan de régénération est construit autour de trois axes, correspondant aux trois catégories de causes expliquant les mauvais résultats de la ligne. La première, à hauteur de 39 %, étant l’état des infrastructures.
Renouvellement des voies entre Grenoble et Voiron en 2027
“Nous allons travailler sur le réseau, la voie, les caténaires, la signalisation, l’étanchéité des tunnels, etc.” Jean Castex a ainsi annoncé la mise en œuvre d’un programme de 110 millions d’euros de travaux sur la période 2026-2031, en complément des 43,3 millions d’euros investis entre 2023 et 2025. “Nous allons voir s’il y a lieu de l’adapter : une réunion du comité de ligne est prévue en décembre.”
SNCF Réseau a notamment investi 3,5 millions d’euros dans le renouvellement des voies à la gare de Bourgoin-Jallieu dont les travaux ont eu lieu durant l’été 2026. En 2027, il est prévu le renouvellement des voies entre Grenoble et Voiron ce qui représente pour SNCF Réseau un investissement de plus de 15 millions d’euros.
Autre chantier en cours et qui se poursuivra en 2027 : la modernisation de la signalisation avec neuf millions d’euros investis dans la rénovation du poste 2 de Grenoble et de la télésurveillance entre Saint-André-le-Gaz et Grenoble pour un coût de plus de cinq millions d’euros. Jean Castex a annoncé que le déploiement de la télésurveillance des installations se poursuivra aussi bien au niveau des passages à niveau, des circuits de voie que des aiguillages.
60 rames de TER à rénover d’ici 2032
Mieux protéger la ligne afin de prévenir les causes externes qui représentent 30,5 % des causes d’irrégularité, c’est l’autre axe annoncé par Jean Castex. “La faune et la flore prolifèrent. Les chutes d’arbres sont plus nombreuses. Il faut améliorer nos outils de surveillance préventive de nos lignes, aménager davantage de clôtures, couper les arbres morts qui menacent de tomber, etc. C’est un plan que nous menons en lien avec la Région, il a commencé et nous continuerons à le déployer.”
Par ailleurs, à l’échelle du territoire régional et non pas simplement de la ligne Grenoble-Lyon, la Région Auvergne Rhône-Alpes, en qualité d’autorité organisatrice des transports ferroviaires régionaux et propriétaire des rames TER, prévoit d’investir quelque 5,7 milliards d’euros, dont trois milliards d’euros dédiés au matériel roulant (achat de rames neuves et rénovation). D’ici 2032, le groupe SNCF doit rénover 171 rames régionales à mi-vie dont 60 rames de TER. L’investissement pour la Région s’élève à 211,4 millions d’euros. Depuis 2025, 22 rames TER ont été rénovées, soit 37 % du parc.
Vers un plan de “modernisation” de la ligne Grenoble-Lyon ?
Jean Castex a précisé qu’il n’était pas question à l’heure actuelle de plan de “modernisation” qui nécessiterait un budget plus conséquent et un calendrier à plus long terme. “La ligne ne change pas on lui redonne un coup de jeune. Cela va accroitre la robustesse, améliorer la régularité, la ponctualité, éviter des annulations de dernière heure, etc.”
Il se dit toutefois favorable à l’idée d’une modernisation de cette ligne “compte tenu du caractère stratégique de cette artère pour le projet de développement de l’étoile ferroviaire grenobloise, du fait que cette ligne accueille aussi le TGV et un trafic fret”.
Et de conclure : “A l’heure où je m’exprime, la priorité est le confortement de l’existant. Mais, j’ai annoncé, qu’avec SNCF Réseau, nous allons le mettre à l’étude : nous allons préparer l’étape suivante pour adapter cette ligne aux enjeux du futur.”
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